Analyses

"Amnesty International": 2025 a été l'année des prédateurs

Nous ne subissons pas seulement l’histoire. Nous l’écrivons aussi.

Apr 25, 2026
Amnesty International vient de publier un rapport alarmant sur les droits humains dans le monde. Il passe en revue la situation des cinq continents sur la base de critères universels, du socle de de droits fondamentaux auxquels chaque être humain a droit quelle que soit sa région géographique, sa nationalité, les prétentions de son Etat à incarner le bien, la morale, la foi ou la puissance. Nous ne pouvons que partager cette conception résolument anti-campiste où les crimes de certains Etats n’excusent en rien les crimes des autres Etats, où la justice, les droits humains et sociaux sont indissociables entre eux et doivent pouvoir être opposés aux puissants quel que soit le camp où ils se situent.

 

Agnès Callemard, présidente d’Amnesty International a résumé la situation en ces termes. 2025 a été l’année des prédateurs.

Voici quelques extraits de sa préface au rapport:

« Le bien commun de l’humanité a été la proie tout au long de l’année 2025 de prédateurs voraces, de chasseurs brutaux avides de trophées usurpés. Des dirigeant·e·s politiques comme Donald Trump, Vladimir Poutine ou Benjamin Netanyahou, pour ne citer qu’eux, ont poursuivi une stratégie de conquête dictée par leur soif de domination économique, multipliant les destructions, les actes de répression et les violences de grande ampleur.

"Depuis des années, Amnesty International met en garde contre l’émergence progressive d’un environnement mondial propice à l’épanouissement d’une férocité primitive. (…) Or, plutôt que de tenir tête aux prédateurs, la plupart des gouvernements en place, notamment en Europe, ont choisi en 2025 de jouer la carte de la capitulation. Certains sont même allés jusqu’à essayer d’imiter ces prédateurs, tandis que d’autres tentaient de se fondre dans leur ombre. Seule une poignée d’États ont décidé de leur faire front".

"Les pare-feu se sont effondrés les uns après les autres, à mesure que s’accumulaient les complicités et les silences coupables concernant des actes de génocide et des crimes contre l’humanité et que de lourdes sanctions tombaient sur celles et ceux qui œuvraient au service de la justice. C’est ainsi que 2025 restera dans l’histoire comme une année de prédateurs imposant leurs choix par la force, une année de concessions face à la trahison éhontée des obligations internationales, une année de défaitisme assumé, une année où les États auront joué avec un feu qui menace désormais de nous dévorer toutes et tous et de compromettre l’avenir des générations futures".

"(...) Et résister aux coups de boutoir de Donald Trump ou de Vladimir Poutine contre un ordre régi par des règles ne signifie pas pour autant se ranger à la vision de la Chine, qui ne constitue pas une autre voie envisageable, car ce pays rejette avec constance le principe de l’universalité des droits humains et les mécanismes de contrôle du respect des conventions internationales. La quête d’hégémonie de la Chine se fait peut-être sous une forme différente et au moyen d’autres méthodes, mais elle débouche de la même manière sur l’injustice et la répression".

(...) "Poursuivre la lutte, aujourd’hui, c’est se concentrer sur ce qui doit être défendu en priorité et à tout prix, non seulement pour nos droits, mais aussi pour ceux des générations futures. Nous devons en outre, dans le cadre de notre résistance, déterminer clairement ce qui doit absolument être combattu en premier lieu, parmi la déferlante de lois, de politiques publiques et de pratiques que veulent imposer les prédateurs de la planète, qu’ils soient étatiques ou non. Résister, cela veut également dire être clair sur ce qui doit être transformé. Étant donné le rythme et l’ampleur sans précédent des changements en cours, nous devrons une fois de plus faire appel à notre pouvoir d’imagination et faire preuve d’une audace créative. Nous devons imaginer une vision transformée et transformatrice des droits humains pour le monde en devenir, et pas nous contenter de défendre ces droits à l’aune du monde tel qu’il était naguère. Ensemble, nous devons ensuite concrétiser cette transformation, avec toute la créativité, toute la détermination et toute la résilience dont nous sommes capables.

Nous ne subissons pas seulement l’histoire. Nous l’écrivons aussi. Et pour le bien de l’humanité, il est temps d’écrire l’histoire des droits humains".

 

Nous ne pouvons que conseiller la lecture intégrale du rapport que vous trouverez en cliquant sur ce lien.

 

Nous reproduisons sur ce site le chapitre consacré à la Russie et le chapitre consacré à l’Ukraine.

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